Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 octobre 1858 10 octobre 1858
Description : 1858/10/10 (A3,N56). 1858/10/10 (A3,N56).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203102s
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
520
L'ISTHME DE SUEZ.
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
ger, et encore sont-elles obligées, en venant de l'inté-
rieur, de payer en quatre ou cinq endroits une espèce de
droit imposé par les habitants, et qui monte à 1/4 ou 1/2
thalaris par charge de mulet. Le bon marché des mar-
chandises à l'intérieur fait que ces droits ne paraissent
pas trop élevés. Le plus grand obstacle d'un commerce
étendu avec la côte est la nature montagneuse du pays,
où il n'y a que des sentiers rapides , interminables et
extrêmement difficiles pendant l'époque des pluies. i
j.Le climatetia végétation de ce pJlYs, situé sous les
tropiques, mais jouissant d'une température modérée
sur. ses plateaux fertiles, permettent, outre la culture
du café et du dattier, celle de tous les fruits de la zone
tempérée. Les montagnes sont riches de minerais de
toute espèce. L'intérieur fournit de l'or et du fer en
quantité, et les articles particuliers au pays sont le musc
et la.civetle (viverra zibétha). Des cornes de rhinocéros
et d'antilopes sont exportées en quantités considérables,
ainsi que la cire et la gomme. Le pays tire un grand
profit de l'exportation des peaux et cuirs et des têtes de
bétail, aux côtes opposées de la péninsule arabe. Le
beurre, le sésame et les huiles sont en abondance, de
même que la nacre et les tortues. L'ivoire est un article
qui, avec de meilleurs moyens de transport, mettrait
en circulation des sommes très-considérables.
L'Abyssinie importe des fichus rouges et bleus, de la
soie écrue et tordue, des cotonnades et des mousselines,
de la verrerie, une faible quantité de porcelaine, de
l'antimoine, du zinc, de la tôle, du fer, du cuivre, des
aiguilles, ciseaux, couteaux, glaces, du tabac et du
musc, des fusils et des sabres. L'Inde envoie du riz, de
la cannelle, du poivre, du coton et des tissus, des soie-
ries et des étoffes mélangées.
L'importation et l'exportation se font par Massoua,
dont le mouvement commercial s'élève à 435,850 tha-
laris par an. (V. Massoua, pag. 152, vol. III de notre
journal, numéro du 25 mars 1858. )
IV. — LE LITTORAL ÉGYPTIEN.
1. SOUAKIN.
L'île de Souakin, avec la ville du même nom , est
située sur la côte d'Égypte, dans la baie de Souakin,
qui possède un excellent mouillage. Les 6 à 8,000 ha-
bitants dépendent, pour leurs subsistances, du village
d'Ulgaff, situé sur la terre ferme, et avec lequel Souakin
entretient un commerce continu. Ulgaff, plus considé-
rable que Souakin , a un bazar, du lait, du beurre, du
bétail, du bois, des nattes en abondance. Le commerce
de l'endroit, qui consiste principalement dans l'exporta-
tion de céréales, de beurre et d'autres provisions pour
le port de Djeddah, s'est considérablement accru, dans
ces derniers temps, par des communications de plus en
plus fréquentes avec l'intérieur de l'Afrique, et surtout -
avec le Soudan et le pays du Darfour ; même les mar-
chands abyssiniens commencent à visiter le marché de
Souakin de préférence à celui de Massoua.
La route que suivent ces marchands de Gondar à
Souakin conduit de Gondar à Waïnâ en 3 jours, de
Waïna à Galabat en 3 jours, de Galabat à Gattaref en
5 jours, de Gattaref à Kesselé (Taka) en 7 jours, de
Taka à Souakin en 16 jours; total, 35 jours. L'avan-
tage que cette route, quoique plus longue que l'an-
cienne , procure aux caravanes, consiste surtout dans
la diminution des frais, les transports pouvant être
effectués par des chameaux, tandis que dans les monta-
gnes on ne peut se servir que de mulets. Sur la route de
Woïna à Souakin les caravanës ; évitent en outre les
douanes dans l'intérieur de l'Abyssinie, et jouissent
surtout de la protection d'un gouvernement régulier.
Les produits apportés sont les mêmes que ceux de Mas-
soua.
Le commerce de Souakin se partage entre Massoua
et Djeddah. Le principal article d'exportation, le beurre,
est demandé et consommé en quantités incroyables sur
la côte d'Arabie, et son exportation s'élève à la somme
de 210,000 thalaris. Souakin exporte des esclaves, du
beurre, du sel, du café, des dattes, de la gomme, des
peaux, des céréales, de l'ivoire, de l'or, du bétail,' des
plumes d'autruche, du musc et diverses autres mar-
chandises; la valeur totale, les esclaves exceptés, est
de 354,000 thalaris. Les importations se composent de
cotonnades de Massoua, de fer et de perles, d'articles'
de quincaillerie, de bois, de tapis et d'armes. Il n'a pas
été possible devoir des renseignements exacts sur la va-
leur de ses importations.
2. COSSÉIR.
Le port de Cosséir est surtout important comme gre-
nier du stérile Hedjas ; les barques font un commerce
régulier avec Djeddah, Yembo, Raïs,Rekal et les autres
baies de la partie Nord des côtes arabes. L'exportation
des céréales a une valeur de 177,000 thalaris; celle des
peaux, des dents, des étoffes pour voiles, des écailles de
tortue, a une valeur de 22,000 thalaris, tandis que l'im-
portation est de 121,650 thalaris.
Cosséir pourrait acquérir une grande importance si
l'on réalisait le projet d'un chemin de fer entre Cosséir
et-le Nil, par le désert des Beni-Ouarsé. Les barques à
grains qui reviennent toujours sur lest de Djeddah pour-
raient apporter à des frais très-minimes les produits de
l'Inde et de l'Yémen, et les navires de l'Inde, qui visi-
taient encore le port il y a quelques années seulement,
reviendraient le fréquenter. Cosséir est en outre un des
ports principaux pour l'embarquement des pèlerins.
3. SUEZ ET SON COMMERCE.
Pour le port de Suez, nous renvoyons nos lecteurs à
notre numéro du 25 décembre 1857, page 541 , et à
celui du 25 juin 1858, page 334.
G. IVAGENER.
I., "Lg-
Le Gérant, Ew^^D^l^X
4~
/c~~-i~
PARIS. TYPOGRAPHIE DE HENRI TLON , IMPRIMEUR DE L'EMPEREUR, RLE GARANCtËRE, 8.
L'ISTHME DE SUEZ.
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
ger, et encore sont-elles obligées, en venant de l'inté-
rieur, de payer en quatre ou cinq endroits une espèce de
droit imposé par les habitants, et qui monte à 1/4 ou 1/2
thalaris par charge de mulet. Le bon marché des mar-
chandises à l'intérieur fait que ces droits ne paraissent
pas trop élevés. Le plus grand obstacle d'un commerce
étendu avec la côte est la nature montagneuse du pays,
où il n'y a que des sentiers rapides , interminables et
extrêmement difficiles pendant l'époque des pluies. i
j.Le climatetia végétation de ce pJlYs, situé sous les
tropiques, mais jouissant d'une température modérée
sur. ses plateaux fertiles, permettent, outre la culture
du café et du dattier, celle de tous les fruits de la zone
tempérée. Les montagnes sont riches de minerais de
toute espèce. L'intérieur fournit de l'or et du fer en
quantité, et les articles particuliers au pays sont le musc
et la.civetle (viverra zibétha). Des cornes de rhinocéros
et d'antilopes sont exportées en quantités considérables,
ainsi que la cire et la gomme. Le pays tire un grand
profit de l'exportation des peaux et cuirs et des têtes de
bétail, aux côtes opposées de la péninsule arabe. Le
beurre, le sésame et les huiles sont en abondance, de
même que la nacre et les tortues. L'ivoire est un article
qui, avec de meilleurs moyens de transport, mettrait
en circulation des sommes très-considérables.
L'Abyssinie importe des fichus rouges et bleus, de la
soie écrue et tordue, des cotonnades et des mousselines,
de la verrerie, une faible quantité de porcelaine, de
l'antimoine, du zinc, de la tôle, du fer, du cuivre, des
aiguilles, ciseaux, couteaux, glaces, du tabac et du
musc, des fusils et des sabres. L'Inde envoie du riz, de
la cannelle, du poivre, du coton et des tissus, des soie-
ries et des étoffes mélangées.
L'importation et l'exportation se font par Massoua,
dont le mouvement commercial s'élève à 435,850 tha-
laris par an. (V. Massoua, pag. 152, vol. III de notre
journal, numéro du 25 mars 1858. )
IV. — LE LITTORAL ÉGYPTIEN.
1. SOUAKIN.
L'île de Souakin, avec la ville du même nom , est
située sur la côte d'Égypte, dans la baie de Souakin,
qui possède un excellent mouillage. Les 6 à 8,000 ha-
bitants dépendent, pour leurs subsistances, du village
d'Ulgaff, situé sur la terre ferme, et avec lequel Souakin
entretient un commerce continu. Ulgaff, plus considé-
rable que Souakin , a un bazar, du lait, du beurre, du
bétail, du bois, des nattes en abondance. Le commerce
de l'endroit, qui consiste principalement dans l'exporta-
tion de céréales, de beurre et d'autres provisions pour
le port de Djeddah, s'est considérablement accru, dans
ces derniers temps, par des communications de plus en
plus fréquentes avec l'intérieur de l'Afrique, et surtout -
avec le Soudan et le pays du Darfour ; même les mar-
chands abyssiniens commencent à visiter le marché de
Souakin de préférence à celui de Massoua.
La route que suivent ces marchands de Gondar à
Souakin conduit de Gondar à Waïnâ en 3 jours, de
Waïna à Galabat en 3 jours, de Galabat à Gattaref en
5 jours, de Gattaref à Kesselé (Taka) en 7 jours, de
Taka à Souakin en 16 jours; total, 35 jours. L'avan-
tage que cette route, quoique plus longue que l'an-
cienne , procure aux caravanes, consiste surtout dans
la diminution des frais, les transports pouvant être
effectués par des chameaux, tandis que dans les monta-
gnes on ne peut se servir que de mulets. Sur la route de
Woïna à Souakin les caravanës ; évitent en outre les
douanes dans l'intérieur de l'Abyssinie, et jouissent
surtout de la protection d'un gouvernement régulier.
Les produits apportés sont les mêmes que ceux de Mas-
soua.
Le commerce de Souakin se partage entre Massoua
et Djeddah. Le principal article d'exportation, le beurre,
est demandé et consommé en quantités incroyables sur
la côte d'Arabie, et son exportation s'élève à la somme
de 210,000 thalaris. Souakin exporte des esclaves, du
beurre, du sel, du café, des dattes, de la gomme, des
peaux, des céréales, de l'ivoire, de l'or, du bétail,' des
plumes d'autruche, du musc et diverses autres mar-
chandises; la valeur totale, les esclaves exceptés, est
de 354,000 thalaris. Les importations se composent de
cotonnades de Massoua, de fer et de perles, d'articles'
de quincaillerie, de bois, de tapis et d'armes. Il n'a pas
été possible devoir des renseignements exacts sur la va-
leur de ses importations.
2. COSSÉIR.
Le port de Cosséir est surtout important comme gre-
nier du stérile Hedjas ; les barques font un commerce
régulier avec Djeddah, Yembo, Raïs,Rekal et les autres
baies de la partie Nord des côtes arabes. L'exportation
des céréales a une valeur de 177,000 thalaris; celle des
peaux, des dents, des étoffes pour voiles, des écailles de
tortue, a une valeur de 22,000 thalaris, tandis que l'im-
portation est de 121,650 thalaris.
Cosséir pourrait acquérir une grande importance si
l'on réalisait le projet d'un chemin de fer entre Cosséir
et-le Nil, par le désert des Beni-Ouarsé. Les barques à
grains qui reviennent toujours sur lest de Djeddah pour-
raient apporter à des frais très-minimes les produits de
l'Inde et de l'Yémen, et les navires de l'Inde, qui visi-
taient encore le port il y a quelques années seulement,
reviendraient le fréquenter. Cosséir est en outre un des
ports principaux pour l'embarquement des pèlerins.
3. SUEZ ET SON COMMERCE.
Pour le port de Suez, nous renvoyons nos lecteurs à
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G. IVAGENER.
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Le Gérant, Ew^^D^l^X
4~
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