Titre : Nouvelles annales de la construction : publication rapide et économique des documents les plus récents et les plus intéressants relatifs à la construction française et étrangère... / C.-A. Oppermann
Titre : New annals of the construction
Titre : Neue Annalen der Baukunst
Éditeur : V. Dalmont (Paris)
Éditeur : V. DalmontV. Dalmont (Paris)
Éditeur : DunodDunod (Paris)
Éditeur : J. BaudryJ. Baudry (Paris)
Éditeur : C. BérangerC. Béranger (Paris)
Date d'édition : 1855-12-01
Contributeur : Oppermann, Charles Alfred (18..-18.. ; ingénieur des Ponts et chaussées). Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32826369p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5529 Nombre total de vues : 5529
Description : 01 décembre 1855 01 décembre 1855
Description : 1855/12/01 (N12)-1855/12/31. 1855/12/01 (N12)-1855/12/31.
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Corpus : Art de l'ingénieur Collection numérique : Corpus : Art de l'ingénieur
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5577065n
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, V-3528
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 30/11/2010
NOUVELLES ANNALES DE LA CONSTRUCTION. — DÉCEMBRE 1855.
Douvres et le cap Grinez. Des dépêches furent échangées d'une rive à
l'autre ; mais ce fil ne pouvant supporter qu'une traction de 50 à
100 kilogrammes, fut brisé peu de jours après par l'agitation de la
mer. L'année suivante, le fil d'essai était remplacé par un câble assez
résistant pour n'éprouver aucun dommage, même par le traînement
des plus fortes ancres. Le tableau synoptique placé à la quatrième page
fait voir les principales conditions d'établissement de celte ligne et de
celles qui ont été ultérieurement concédées en divers pays jusqu'à ce
jour.
§ 2. — ÏUACÉ DES LIGNES SOUS-MARINES.
Il est assez rare de pouvoir trouver réunies à la fois dans une même
ligne toutes les conditions qui constitueraient le meilleur tracé dési-
rable. En effet, si le tracé doit être aussi court que possible pour dimi-
nuer la dépense,"il est cependant souvent nécessaire de l'allonger pour
intéresser à l'entreprise un plus grand nombre d'États et pour grossir
le chiffre des subventions. C'est ainsi, par exemple, que le tracé de
la ligne de la Méditerranée par la Corse et la Sardaigne a mérité l'ap-
pui simultané de la France et des États sardes, ce qui aurait manqué
à un tracé moins coûteux établi sur les côtes de l'Italie seulement.
Une profondeur d'eau moyenne est le plus à désirer : l'immersion du
câble sous de grandes hauteurs d'eau est très-dangereuse, à cause de
l'énorme tension qui s'y développe, et, dans les hauts fonds, le câble
est exposé au choc des vaisseaux, des ancres, des glaces et des galets,
qui peuvent altérer son enveloppe préservatrice.
Enfin, la détermination des points de départ et d'arrivée exige aussi
toujours des études très-approfondies. Un câble ne pourrait pas résister
aux impulsions des courants et de la marée, s'il aboutissait à une côte
rocheuse ; les fonds sablonneux et vaseux doivent être choisis de préfé-
rence. C'est pour éviter des côtes dangereuses que le câble de Calais à
Douvres est amarré à 6 kilomètres de Douvres sur la côte anglaise, et
à 6 kilomètres de Calais sur la côte française. Entre la Sardaigne et la
côte d'Algérie, trois directions ont été successivement étudiées avant
d'arriver à un choix définitif.
§ 3. — COMPOSITION ET FABRICATION DES CABLES.
PL. 51.
Les câbles sous-marins doivent pouvoir résister a l'action de toutes
les forces auxquelles ils sont soumis. On doit cependant éviter un excès
de diamètre qui, en augmentant le poids du câble, rendrait son immer-
sion plus difficile. —Les fils conducteurs de l'électricité sont habituelle-
ment en cuivre rouge et ont un diamètre de 16 à 18 dixièmes de milli-
mètre. — Ces fils, dont le nombre a varié jusqu'à présent entre 1 et 6,
selon la multiplicité des correspondances à transmettre, sont recou-
verts chacun d'un enduit ou fourreau en gutta-percha épais d'environ
deux millimètres, et mis en deux couches pour mieux assurer l'isole-
ment; car si l'une des couches présentait un défaut, il est toujours pro-
bable qu'il ne se rencontrerait point de défaut dans la partie superposée
de l'autre couche. M. NEWALL, le grand constructeur de câbles, affirme
que l'interposition d'un cheveu mouillé ou la solution de continuité
produite par une piqûre d'épingle suffisait pour produire l'écoule-
ment de l'électricité hors du câble. — Les fils sont disposés suivant le
pourtour d'une circonférence, et généralement tangents les uns aux
autres par leurs enveloppes en gutta-percha. On a renoncé à la dispo-
Mlion qui avait été adoptée pour le câble d'Angleterre en Belgique
(fig. b), dans lequel le fil placé au centre fut déformé par la pression
exercée lors du revêlement extérieur en fil de fer. — Pour résister à
cette pression, les vides intérieurs laissés entre les fils conducteurs et
tout leur pourtour extérieur sont garnis ù'étoupe de chanvre goudron-
née sur une épaisseur variable. Cette matière contribue à l'isolement
des fils et cède aux pressions sans influer sur la forme des fils con-
ducteurs.
Les gros fils de fer en nombre variable qui forment l'enveloppe exté-
rieure protectrice sont enroulés hélicoïdalement, en sorte que le câble,
malgré sa force, peut se plier suivant les exigences du fond de la mer,
lorsqu'on l'y dépose.
Dans le câble d'Angleterre en Belgique, les 12 fils protecteurs qui
forment l'enveloppe dont il s'agit peuvent résister collectivement à un
effort de 40 à 50 tonnes, ce qui est généralement supérieur à la résis-
tance des câbles ou chaînes d'amarre des vaisseaux de guerre du
l"r ordre.
Parfois cette enveloppe extérieure a été galvanisée, c'est-à-dire re-
couverte d'une couche de zinc très-mince, comme le sont les fils des
télégraphes électriques terrestres; mais ce revêtement n'est pas indis-
pensable (Voir § 5, Conservation et durée des câbles).
Pour résister aux causes spéciales de détérioration que présente le
bord de la mer, des précautions particulières ont parfois été prises.
Ainsi, dans le câble de Holyhead à Howth, les fils de fer sont moins
nombreux mais plus forts près du rivage que dans la partie moyenne
du câble. Les extrémités ont 6 fils de 1er protecteurs au lieu de 12, et
le diamètre total du câble est de 17 millimètres au lieu de 11. Dans un
autre câble, celui d'Angleterre en Hollande, les trois fils conducteurs,
isolément recouverts de fils de fer et déposés dans la mer à distance les
uns des autres, ont été réunis et tressés en un seul câble sur une lon-
gueur de 5,600 mètres à chaque extrémité.
Le câble doit d'ailleurs, autant que possible, être d'une seule pièce
dans toute sa longueur. Lorsqu'un accident force à rattacher ou à ral-
longer un câble, cette opération doit être faite avec le plus grand soin.
Les parties sont soudées ensemble et solidememt fixées par des plates-
bandes de fer.' Un joint fait ainsi dans le câble de Calais à Douvres a
néanmoins manqué.
Pour donner au câble, en le fabriquant, toute la longueur qu'il doit
avoir, il faut tenir compte, non-seulement des inégalités du fond de la
mer, mais encore des allongements que peut causer la puissance des
vents et des courants, qui souvent font dériver le bâtiment porteur du
câble pendant l'opération très-difficile de l'immersion. Le fonctionne-
ment du télégraphe entre Calais et Douvres a été retardé de plus d'un
mois,, parce que le câble s'est trouvé trop court de près de un kilo-
mètre. Les meilleurs mois à choisir sont, selon les mers, ceux où les
vents violents sont le moins à craindre, juillet et août pour la majo-
rité des cas.
Les principaux ateliers de construction de câbles sous-marins sont en
Angleterre. Les maisons W. KUPER et Cle, de Londres, R. S. NEWALL
et Cle, de Gateshead sur Tyne, ont envoyé à l'Exposition universelle
de celte année des échantillons de tous les câbles sous-marins qui
existent.
Pendant l'hiver 1852-1853, MM. NEWALL et Cie ont fabriqué, sur
commande, plus de 700 kilomètres de câbles télégraphiques sous-
marins ou sous-fluviaux.
§ 4. — TRANSPORT ET IMMERSION.
Un câble sous-marin est un objet à la fois lourd et encombrant, dont
le transport et la manoeuvre sont difficiles et présentent souvent de véri-
tables dangers. Lorsque, au-dessus d'une grande profondeur, ils s'é-
chappent et se déroulent d'eux-mêmes par l'effet de leur poids, ce
qui arrive alors avec une effrayante vitesse, ils peuvent ravager tout le
pont du navire et tuer beaucoup de monde.
Le rouleau du câble de la Spezzia au Cap Corse, avait lm.50 de
hauteur, 7ni. 30 de diamètre inlérieur et 22m.85 de diamètre extérieur..
Il fallut 70 heures pour amariner le câble anglo-belge dans un na-
vire. On employa vingt wagons pour transporter des ateliers de Gates-
head à Maryport le câble de Holyhead à Howth. Le transport et l'im-
mersion d'un de ces câbles emploie ordinairement 4 navires, dont 1
ou 2 remorqueurs à vapeur. La route à suivre pour le dépôt est indi-
quée par des balises flottantes, dont on cherche à s'écarter le moins
possible. Pendant toute là durée de l'immersion on maintient en corres-
pondance des appareils mis en rapport avec les deux extrémités du
câble, l'un sur le rivage du point de départ, l'autre sur le navire où gît
le câble à fond de cale. Si le câble se rompt, le courant est interrompu,
et l'immobilité des instruments l'indique. Au sortir de la cale, le câble
est reçu par deux fortes roues en fonte à gorge, sur chacune des-
quelles il fait trois tours pour résister à l'entraînement de la portion
déjà mise à l'eau. Ces roues sont d'ailleurs pourvues de puissants,
freins qui modèrent au besoin leur mouvement. Le mouillage à l'eau,
froide des parties flottantes peut occuper jusqu'à 20 hommes. Le câble
glisse à l'eau par l'avant du navire. Une troisième roue, placée à l'ar-
rière , sert à le guider et à le maintenir dans les mouvements de roulis
et de tangage. Des compteurs avec indicateurs fixés sur les roues indi-
quent à chaque instant la longueur de câble immergée.
Répétons encore ici qu'il est indispensable de conduire avec beaucoup
de précautions le dévidage du câble et de choisir pour cette opération le
temps le plus calme possible. Le 9 octobre 1851, une tempête s'étant éle-
vée pendant l'immersion d'un câble entre Port-Patrick et Donaghadee,
on dut, pour sauver l'équipage, couper le câble et en abandonner dans
la mer 25 kilomètres, qui ne furent repêchés que trois ans et huit mois
plus tard. On mit quatre jours à retirer le câble de l'eau, l'impétuosité
de la marée (9,600 mètres à l'heure) empêchant tout travail pendant
sa descente et sa montée.
Les opérations faites pendant la présente année ont également eu
d'assez fâcheux résultats : une partie de câble a été perdue dans
l'océan Atlantique entre l'île de Terre-Neuve et l'île du Prince-
Edouard; et dans la Méditerranée, le câble que l'on immergeait de la
Sardaigne à la côte d'Algérie s'est aussi rompu dernièrement. L'opé-
ration a dû être remise à l'an prochain. La perte est évaluée à 1 million
de francs.
§ 5. — CONSERVATION ET DURÉE DES CABLES.
On admet que, hors le cas d'accident, un câble télégraphique sous-
marin convenablement établi et soigneusement déposé dans la mer se
conservera toujours en parfait état de service. L'action chimique de l'eau
de mer sur les fils protecteurs paraît nulle, que ces fils soient galvanisés
ou non. On attribue ce fait, soit à l'enveloppe de sable et de coquillages
Douvres et le cap Grinez. Des dépêches furent échangées d'une rive à
l'autre ; mais ce fil ne pouvant supporter qu'une traction de 50 à
100 kilogrammes, fut brisé peu de jours après par l'agitation de la
mer. L'année suivante, le fil d'essai était remplacé par un câble assez
résistant pour n'éprouver aucun dommage, même par le traînement
des plus fortes ancres. Le tableau synoptique placé à la quatrième page
fait voir les principales conditions d'établissement de celte ligne et de
celles qui ont été ultérieurement concédées en divers pays jusqu'à ce
jour.
§ 2. — ÏUACÉ DES LIGNES SOUS-MARINES.
Il est assez rare de pouvoir trouver réunies à la fois dans une même
ligne toutes les conditions qui constitueraient le meilleur tracé dési-
rable. En effet, si le tracé doit être aussi court que possible pour dimi-
nuer la dépense,"il est cependant souvent nécessaire de l'allonger pour
intéresser à l'entreprise un plus grand nombre d'États et pour grossir
le chiffre des subventions. C'est ainsi, par exemple, que le tracé de
la ligne de la Méditerranée par la Corse et la Sardaigne a mérité l'ap-
pui simultané de la France et des États sardes, ce qui aurait manqué
à un tracé moins coûteux établi sur les côtes de l'Italie seulement.
Une profondeur d'eau moyenne est le plus à désirer : l'immersion du
câble sous de grandes hauteurs d'eau est très-dangereuse, à cause de
l'énorme tension qui s'y développe, et, dans les hauts fonds, le câble
est exposé au choc des vaisseaux, des ancres, des glaces et des galets,
qui peuvent altérer son enveloppe préservatrice.
Enfin, la détermination des points de départ et d'arrivée exige aussi
toujours des études très-approfondies. Un câble ne pourrait pas résister
aux impulsions des courants et de la marée, s'il aboutissait à une côte
rocheuse ; les fonds sablonneux et vaseux doivent être choisis de préfé-
rence. C'est pour éviter des côtes dangereuses que le câble de Calais à
Douvres est amarré à 6 kilomètres de Douvres sur la côte anglaise, et
à 6 kilomètres de Calais sur la côte française. Entre la Sardaigne et la
côte d'Algérie, trois directions ont été successivement étudiées avant
d'arriver à un choix définitif.
§ 3. — COMPOSITION ET FABRICATION DES CABLES.
PL. 51.
Les câbles sous-marins doivent pouvoir résister a l'action de toutes
les forces auxquelles ils sont soumis. On doit cependant éviter un excès
de diamètre qui, en augmentant le poids du câble, rendrait son immer-
sion plus difficile. —Les fils conducteurs de l'électricité sont habituelle-
ment en cuivre rouge et ont un diamètre de 16 à 18 dixièmes de milli-
mètre. — Ces fils, dont le nombre a varié jusqu'à présent entre 1 et 6,
selon la multiplicité des correspondances à transmettre, sont recou-
verts chacun d'un enduit ou fourreau en gutta-percha épais d'environ
deux millimètres, et mis en deux couches pour mieux assurer l'isole-
ment; car si l'une des couches présentait un défaut, il est toujours pro-
bable qu'il ne se rencontrerait point de défaut dans la partie superposée
de l'autre couche. M. NEWALL, le grand constructeur de câbles, affirme
que l'interposition d'un cheveu mouillé ou la solution de continuité
produite par une piqûre d'épingle suffisait pour produire l'écoule-
ment de l'électricité hors du câble. — Les fils sont disposés suivant le
pourtour d'une circonférence, et généralement tangents les uns aux
autres par leurs enveloppes en gutta-percha. On a renoncé à la dispo-
Mlion qui avait été adoptée pour le câble d'Angleterre en Belgique
(fig. b), dans lequel le fil placé au centre fut déformé par la pression
exercée lors du revêlement extérieur en fil de fer. — Pour résister à
cette pression, les vides intérieurs laissés entre les fils conducteurs et
tout leur pourtour extérieur sont garnis ù'étoupe de chanvre goudron-
née sur une épaisseur variable. Cette matière contribue à l'isolement
des fils et cède aux pressions sans influer sur la forme des fils con-
ducteurs.
Les gros fils de fer en nombre variable qui forment l'enveloppe exté-
rieure protectrice sont enroulés hélicoïdalement, en sorte que le câble,
malgré sa force, peut se plier suivant les exigences du fond de la mer,
lorsqu'on l'y dépose.
Dans le câble d'Angleterre en Belgique, les 12 fils protecteurs qui
forment l'enveloppe dont il s'agit peuvent résister collectivement à un
effort de 40 à 50 tonnes, ce qui est généralement supérieur à la résis-
tance des câbles ou chaînes d'amarre des vaisseaux de guerre du
l"r ordre.
Parfois cette enveloppe extérieure a été galvanisée, c'est-à-dire re-
couverte d'une couche de zinc très-mince, comme le sont les fils des
télégraphes électriques terrestres; mais ce revêtement n'est pas indis-
pensable (Voir § 5, Conservation et durée des câbles).
Pour résister aux causes spéciales de détérioration que présente le
bord de la mer, des précautions particulières ont parfois été prises.
Ainsi, dans le câble de Holyhead à Howth, les fils de fer sont moins
nombreux mais plus forts près du rivage que dans la partie moyenne
du câble. Les extrémités ont 6 fils de 1er protecteurs au lieu de 12, et
le diamètre total du câble est de 17 millimètres au lieu de 11. Dans un
autre câble, celui d'Angleterre en Hollande, les trois fils conducteurs,
isolément recouverts de fils de fer et déposés dans la mer à distance les
uns des autres, ont été réunis et tressés en un seul câble sur une lon-
gueur de 5,600 mètres à chaque extrémité.
Le câble doit d'ailleurs, autant que possible, être d'une seule pièce
dans toute sa longueur. Lorsqu'un accident force à rattacher ou à ral-
longer un câble, cette opération doit être faite avec le plus grand soin.
Les parties sont soudées ensemble et solidememt fixées par des plates-
bandes de fer.' Un joint fait ainsi dans le câble de Calais à Douvres a
néanmoins manqué.
Pour donner au câble, en le fabriquant, toute la longueur qu'il doit
avoir, il faut tenir compte, non-seulement des inégalités du fond de la
mer, mais encore des allongements que peut causer la puissance des
vents et des courants, qui souvent font dériver le bâtiment porteur du
câble pendant l'opération très-difficile de l'immersion. Le fonctionne-
ment du télégraphe entre Calais et Douvres a été retardé de plus d'un
mois,, parce que le câble s'est trouvé trop court de près de un kilo-
mètre. Les meilleurs mois à choisir sont, selon les mers, ceux où les
vents violents sont le moins à craindre, juillet et août pour la majo-
rité des cas.
Les principaux ateliers de construction de câbles sous-marins sont en
Angleterre. Les maisons W. KUPER et Cle, de Londres, R. S. NEWALL
et Cle, de Gateshead sur Tyne, ont envoyé à l'Exposition universelle
de celte année des échantillons de tous les câbles sous-marins qui
existent.
Pendant l'hiver 1852-1853, MM. NEWALL et Cie ont fabriqué, sur
commande, plus de 700 kilomètres de câbles télégraphiques sous-
marins ou sous-fluviaux.
§ 4. — TRANSPORT ET IMMERSION.
Un câble sous-marin est un objet à la fois lourd et encombrant, dont
le transport et la manoeuvre sont difficiles et présentent souvent de véri-
tables dangers. Lorsque, au-dessus d'une grande profondeur, ils s'é-
chappent et se déroulent d'eux-mêmes par l'effet de leur poids, ce
qui arrive alors avec une effrayante vitesse, ils peuvent ravager tout le
pont du navire et tuer beaucoup de monde.
Le rouleau du câble de la Spezzia au Cap Corse, avait lm.50 de
hauteur, 7ni. 30 de diamètre inlérieur et 22m.85 de diamètre extérieur..
Il fallut 70 heures pour amariner le câble anglo-belge dans un na-
vire. On employa vingt wagons pour transporter des ateliers de Gates-
head à Maryport le câble de Holyhead à Howth. Le transport et l'im-
mersion d'un de ces câbles emploie ordinairement 4 navires, dont 1
ou 2 remorqueurs à vapeur. La route à suivre pour le dépôt est indi-
quée par des balises flottantes, dont on cherche à s'écarter le moins
possible. Pendant toute là durée de l'immersion on maintient en corres-
pondance des appareils mis en rapport avec les deux extrémités du
câble, l'un sur le rivage du point de départ, l'autre sur le navire où gît
le câble à fond de cale. Si le câble se rompt, le courant est interrompu,
et l'immobilité des instruments l'indique. Au sortir de la cale, le câble
est reçu par deux fortes roues en fonte à gorge, sur chacune des-
quelles il fait trois tours pour résister à l'entraînement de la portion
déjà mise à l'eau. Ces roues sont d'ailleurs pourvues de puissants,
freins qui modèrent au besoin leur mouvement. Le mouillage à l'eau,
froide des parties flottantes peut occuper jusqu'à 20 hommes. Le câble
glisse à l'eau par l'avant du navire. Une troisième roue, placée à l'ar-
rière , sert à le guider et à le maintenir dans les mouvements de roulis
et de tangage. Des compteurs avec indicateurs fixés sur les roues indi-
quent à chaque instant la longueur de câble immergée.
Répétons encore ici qu'il est indispensable de conduire avec beaucoup
de précautions le dévidage du câble et de choisir pour cette opération le
temps le plus calme possible. Le 9 octobre 1851, une tempête s'étant éle-
vée pendant l'immersion d'un câble entre Port-Patrick et Donaghadee,
on dut, pour sauver l'équipage, couper le câble et en abandonner dans
la mer 25 kilomètres, qui ne furent repêchés que trois ans et huit mois
plus tard. On mit quatre jours à retirer le câble de l'eau, l'impétuosité
de la marée (9,600 mètres à l'heure) empêchant tout travail pendant
sa descente et sa montée.
Les opérations faites pendant la présente année ont également eu
d'assez fâcheux résultats : une partie de câble a été perdue dans
l'océan Atlantique entre l'île de Terre-Neuve et l'île du Prince-
Edouard; et dans la Méditerranée, le câble que l'on immergeait de la
Sardaigne à la côte d'Algérie s'est aussi rompu dernièrement. L'opé-
ration a dû être remise à l'an prochain. La perte est évaluée à 1 million
de francs.
§ 5. — CONSERVATION ET DURÉE DES CABLES.
On admet que, hors le cas d'accident, un câble télégraphique sous-
marin convenablement établi et soigneusement déposé dans la mer se
conservera toujours en parfait état de service. L'action chimique de l'eau
de mer sur les fils protecteurs paraît nulle, que ces fils soient galvanisés
ou non. On attribue ce fait, soit à l'enveloppe de sable et de coquillages
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