Angleterre. — L’opération de la taille du célèbre diamant le Koh-
l-Noor préoccupe à un point extraordinaire l’attention publique en
Angleterre : on en jugera par ce court récit. A l’exposition universelle,
le diamant tant vanté, la fameuse montagne de lumière, n’avait produit
qu’un très-médiocre effet, et il avait été résolu dès lors qu’on lui crée
rait de nouvelles facettes. Mais cette opération pouvait-elle s’exécuter
sans danger; ne courrait-on pas les risques d’une destruction totale?
Deux célèbres professeurs de minéralogie, MM. Tennant et Mitchell,
furent officiellement chargés d’examiner cette question et de faire un
rapport au gouvernement. Ces deux savants admirent en principe les
heureux résultats que l’on devait attendre de la taille projetée, mais ils
émirent le doute que les tentatives de taille latérale pouvaient détacher
des morceaux considérables et compromettre l’intégrité du gigan
tesque cristal. On se décida alors à consulter les hommes pratiques,
les lapidaires de profession; on fit venir les joailliers de la couronne,
MM. Garrard, on les chargea de prendre avis des hommes les plus
compétents, et de le faire connaître dans le plus court délai. MM. Gar-
rard s’adressèrent à MM. Coster d’Amsterdam comme aux plus habiles
lapidaires de l’Europe, et après un mûr examen, ceux-ci déclarèrent
que quoique les craintes soulevées par les deux savants théoriciens ne
fussent pas sans fondement, le danger cependant n’était pas assez
grand pour qu’on dût renoncer à l’opération projetée, pourvu qu’elle
fût confiée à des mains très-exercées, à des artistes éminents. L’ordre
de procéder à la taille du Koh-I-Noor fut alors donné. MM. Garrard
commandèrent à MM. Maudslay et Field une machine à vapeur de la
force de deux chevaux, et l’on se mit à l’œuvre vendredi de la
semaine dernière. Sa Grâce le duc de Wellington qui s’est épris
d’amour pour la montagne de lumière, voulut que l’opération com
mençât sous ses yeux ; ce fut lui qui après qu’on eut plongé le diamant
dans un lit de plomb, à l’exception d’un petit angle, le déposa sur la
roue horizontale qui doit l’entraîner avec une très-grande vitesse ;
au bout de quelques heures l’angle saillant fut usé et l’illustre général
vit avec transport la nouvelle facette apparaître et briller. Cette opéra
tion grandiose et délicate qui exige autant d’intelligence que de soins
dans ceux qui l’exécutent, a été confiée à deux artistes allemands, et du
rera plusieurs mois. Les journaux anglais d’hier annonçaient l’appari
tion de la troisième face comme un événement. Par sa taille nouvelle le
1 er août 1852. 14
l-Noor préoccupe à un point extraordinaire l’attention publique en
Angleterre : on en jugera par ce court récit. A l’exposition universelle,
le diamant tant vanté, la fameuse montagne de lumière, n’avait produit
qu’un très-médiocre effet, et il avait été résolu dès lors qu’on lui crée
rait de nouvelles facettes. Mais cette opération pouvait-elle s’exécuter
sans danger; ne courrait-on pas les risques d’une destruction totale?
Deux célèbres professeurs de minéralogie, MM. Tennant et Mitchell,
furent officiellement chargés d’examiner cette question et de faire un
rapport au gouvernement. Ces deux savants admirent en principe les
heureux résultats que l’on devait attendre de la taille projetée, mais ils
émirent le doute que les tentatives de taille latérale pouvaient détacher
des morceaux considérables et compromettre l’intégrité du gigan
tesque cristal. On se décida alors à consulter les hommes pratiques,
les lapidaires de profession; on fit venir les joailliers de la couronne,
MM. Garrard, on les chargea de prendre avis des hommes les plus
compétents, et de le faire connaître dans le plus court délai. MM. Gar-
rard s’adressèrent à MM. Coster d’Amsterdam comme aux plus habiles
lapidaires de l’Europe, et après un mûr examen, ceux-ci déclarèrent
que quoique les craintes soulevées par les deux savants théoriciens ne
fussent pas sans fondement, le danger cependant n’était pas assez
grand pour qu’on dût renoncer à l’opération projetée, pourvu qu’elle
fût confiée à des mains très-exercées, à des artistes éminents. L’ordre
de procéder à la taille du Koh-I-Noor fut alors donné. MM. Garrard
commandèrent à MM. Maudslay et Field une machine à vapeur de la
force de deux chevaux, et l’on se mit à l’œuvre vendredi de la
semaine dernière. Sa Grâce le duc de Wellington qui s’est épris
d’amour pour la montagne de lumière, voulut que l’opération com
mençât sous ses yeux ; ce fut lui qui après qu’on eut plongé le diamant
dans un lit de plomb, à l’exception d’un petit angle, le déposa sur la
roue horizontale qui doit l’entraîner avec une très-grande vitesse ;
au bout de quelques heures l’angle saillant fut usé et l’illustre général
vit avec transport la nouvelle facette apparaître et briller. Cette opéra
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dans ceux qui l’exécutent, a été confiée à deux artistes allemands, et du
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