Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-11-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 novembre 1858 10 novembre 1858
Description : 1858/11/10 (A3,N58). 1858/11/10 (A3,N58).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203104m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
MBMMBi 10 NOVEMBEE. JOURNAL DE L'UNION > ©US DEUX MERS. &71
Stratford de Redcliffe est le représentant des vieilles traditions
d'exploitation et d'antagonisme; et que l'œuvre de Suez est
l'aurore d'une plus grande effusion et d'une amitié plus pro-
fonde et plus intime entre les peuples. »
Tous les journaux de Paris ont annoncé la souscription
publique ouverte par M. Ferd. de Lesseps, du 5 au 30 no-
vembre, pour la Société du canal de Suez.
Le Moniteur de la Flotte du 24 octobre, en annonçant
l'arrivée du Duchayla devant Djeddah, le 8 octobre, - àprès
deux mois de traversée, ajoute les réflexions suivantes :
ci Si l'isthme de Suez eût été ouvert, le Duchayla n'aurait
pas mis quinze jours à faire le trajet qu'il vient de faire en -s
deux mois. Parti de Toulon , il aurait mis neuf jours au plus
pour se rendre à Alexandrie ou à Saïd; un jour pour traverser
le canal, et trois ou quatre jours pour atteindre Djeddah.
» Ainsi, non-seulement la traversée aurait été quatre fois
plus rapide, mais le châtiment eût été quatre fois plus ptompt
et plus efficace. Après quatre mois de retard, la répression
perdra beaucoup de sa force et de son effet, toute légitime,
tout impérieuse qu'elle soit.
» Nous ne voulons pas trop insister sur cet exemple dou-
loureux; il est frappant, et à moins de vouloir systématique-
ment fermer les yeux à la lumière, il n'y a personne qui ne le
voie et qui ne le comprenne. Les difficultés qu'a rencontrées
le Duchayla sont les mêmes pour toutes les marines de la
Méditerranée, et c'est là ce qui les exclut à peu près complète-
ment du commerce de l'Asie. L'isthme de Suez une fois ouvert,
elles peuvent communiquer facilement avec les contrées de
l'Orient où se préparent et se développent tous les jours de
prodigieux éléments de trafic et de richesse.
» C'est là ce qui rend si opportun le grand projet de
M. Ferd. de Lesseps et ce qui lui a valu les sympathies du
monde entier. Mais nous n'insistons pas, car nos lecteurs
vont voir, par les pièces importantes que nous publions, que
ce magnifique projet est sur le point d'être enfin réalisé après
quatre années d'études, de recherches et de luttes. Par suite
d'une opposition injustifiable, beaucoup de temps a été perdu.
Il n'en faut plus perdre. C'est l'enseignement que chacun doit
tirer du voyage que vient de faire le Duchayla. »
SCHILLER aîné.
Le lIloniteur de la Flotte du 28 octobre rend compte de la
réception faite à M. Ferd. de Lesseps par la population de
Barcelone; et il explique cet enthousiasme par les souvenirs
si honorables que M. Ferd. de Lesseps avait laissés dans cette
ville, et par les justes espérances qu'elle peut concevoir par
suite de l'ouverture de l'isthme de Suez :
« Barcelone, toute prospère qu'elle est aujourd'hui, dit le
Moniteur de la Flotté, se souvient du rôle considérable qu'elle
a joué autrefois, et elle aspire à le recouvrer. Elle est un des
ports de la Méditerranée, avec Trieste, Gênes et Marseille,
qui doivent profiter le plus à la communication nouvelle; et
comme l'Espagne a des colonies dans les mers de l'Asie, c'est
Barcelone qui seule serait en mesure de correspondre avec
ces colonies et de leur rendre la vie qui leur manque. Les
Philippines sont aujourd'hui presque inabordables pour la
métropole; et si l'on pouvait passer par la mer Rouge au lieu
de doubler le cap de Bonne-Espérance, leur destin serait
changé. La route serait abrégée de plus des 5j8es, c'est-à-
dire que de 14,330 milles marins elle serait réduite à 5,500
tout au plus.
» Les Philippines, situées entre le 5e et le 21e degrés de
latitude nord, comprennent un millier d'iles et d'îlots dont
l'Espagne possède la majeure partie. Elle y compte, d'après
le dernier recensement, 3,728,035 sujets, qui tous ont
l'avantage d'être chrétiens, ce qu'on ne trouve dans aucune
des autres colonies européennes de ces parages. ,
» L'étendue des Philippines espagnoles est considérable,
puisqu'elle est de 8,279 lieues carrées, c'est-à-dire le tiers
de la France à peu près. La métropole n'en tire pas plus de
17 à 18 millions de francs par année, bien que le so y soit
d'une prodigieuse fertilité. Mais le commerce s'accroit depuis
dix ans dans une proportion assez remarquable. Les importa-
tions et les exportations, qui n'étaient, en 1848, que de
40 millions environ , se sont élevées, en 185a et en 1855, à
plus de 56 millions de francs.
» De l'aveu de tous ceux qui connaissent l'état actuel de
cette colonie, il est certain qu'on pourrait y introduire les
plus heureuses réformes et qu'il n'y aurait pas beaucoup à
faire pour doubler ses produits et sa prospérité.
» C'est là l'avenir que pressent Barcelone, et l'on conçoit
dès lors avec quelle sympathie elle a dû recevoir le projet du
canal de Suez, sans préjudice des sentiments personnels
qu'elle a voués, avec tant de raison, à M. Perd. de Lesseps.
Avant que le cap de Bonne-Espérance fût découvert, Bar-
celone était le premier port de l'Espagne sans contredit, et
elle pouvait se rappeler avec orgueil que c'était elle qui avait
fondé le droit maritime international de la Méditerranée.
» Mais après que Vasco de Gama eut doublé le cap des
Tempêtes, Barcelone fut bientôt dépassée par Alicante et
surtout par Cadix. Aujourd'hui le canal de Suez rendrait à
Barcelone son antique supériorité. Ce qui la lui assurerait
d'une manière incontestable, c'est son industrie, pour laquelle
elle n'a pas de rivale dans toute la Péninsule, et elle éclipse-
rait bientôt tous les autres ports espagnols, si les navires
pouvaient transporter facilement dans les mers de l'Asie les
produits de ses manufactures.
» On comprend donc sans peine l'enthousiasme avec lequel
Barcelone a reçu M. Ferd. de Lesseps. Reconnaissance, pa-
triotisme, intérêts maritimes et commerciaux, tout se réunis-
sait pour que cette réception fût tout ce qu'elle a été, et nous
la regardons comme un symptôme heureux et décisif.
,, Une réception analogue attend M. Ferd. de Lesseps à
Marseille, et c'est aujourd'hui même qu'il a dû y arriver. La*
Chambre de commerce lui a offert un banquet au nom de la
ville. » SCHILLER aîné, «
Pour extraits, ERNEST DESPLAGES,
variétés.
MARSEILLE ET SUEZ,
PAR BARTHÉLËMV.
Nous croyons rendre service à la fois à nos lecteurs
et à la poésie en reproduisant les vers magnifiques ré-
cités par M. Barthélémy, le barde provençal, au ban-
quet de Marseille. -
Rien ne manque à la consécration du canal de Suez,
ni les acclamations des peuples, ni les chants inspirés
des grands poëtes.
M. Barthélemy s'était rendu exprès de Paris à Mar-
seille pour assister à cette éclatante manifestation de sa
ville natale et pour la rehausser de ce tribut de son
splendide talent.
Stratford de Redcliffe est le représentant des vieilles traditions
d'exploitation et d'antagonisme; et que l'œuvre de Suez est
l'aurore d'une plus grande effusion et d'une amitié plus pro-
fonde et plus intime entre les peuples. »
Tous les journaux de Paris ont annoncé la souscription
publique ouverte par M. Ferd. de Lesseps, du 5 au 30 no-
vembre, pour la Société du canal de Suez.
Le Moniteur de la Flotte du 24 octobre, en annonçant
l'arrivée du Duchayla devant Djeddah, le 8 octobre, - àprès
deux mois de traversée, ajoute les réflexions suivantes :
ci Si l'isthme de Suez eût été ouvert, le Duchayla n'aurait
pas mis quinze jours à faire le trajet qu'il vient de faire en -s
deux mois. Parti de Toulon , il aurait mis neuf jours au plus
pour se rendre à Alexandrie ou à Saïd; un jour pour traverser
le canal, et trois ou quatre jours pour atteindre Djeddah.
» Ainsi, non-seulement la traversée aurait été quatre fois
plus rapide, mais le châtiment eût été quatre fois plus ptompt
et plus efficace. Après quatre mois de retard, la répression
perdra beaucoup de sa force et de son effet, toute légitime,
tout impérieuse qu'elle soit.
» Nous ne voulons pas trop insister sur cet exemple dou-
loureux; il est frappant, et à moins de vouloir systématique-
ment fermer les yeux à la lumière, il n'y a personne qui ne le
voie et qui ne le comprenne. Les difficultés qu'a rencontrées
le Duchayla sont les mêmes pour toutes les marines de la
Méditerranée, et c'est là ce qui les exclut à peu près complète-
ment du commerce de l'Asie. L'isthme de Suez une fois ouvert,
elles peuvent communiquer facilement avec les contrées de
l'Orient où se préparent et se développent tous les jours de
prodigieux éléments de trafic et de richesse.
» C'est là ce qui rend si opportun le grand projet de
M. Ferd. de Lesseps et ce qui lui a valu les sympathies du
monde entier. Mais nous n'insistons pas, car nos lecteurs
vont voir, par les pièces importantes que nous publions, que
ce magnifique projet est sur le point d'être enfin réalisé après
quatre années d'études, de recherches et de luttes. Par suite
d'une opposition injustifiable, beaucoup de temps a été perdu.
Il n'en faut plus perdre. C'est l'enseignement que chacun doit
tirer du voyage que vient de faire le Duchayla. »
SCHILLER aîné.
Le lIloniteur de la Flotte du 28 octobre rend compte de la
réception faite à M. Ferd. de Lesseps par la population de
Barcelone; et il explique cet enthousiasme par les souvenirs
si honorables que M. Ferd. de Lesseps avait laissés dans cette
ville, et par les justes espérances qu'elle peut concevoir par
suite de l'ouverture de l'isthme de Suez :
« Barcelone, toute prospère qu'elle est aujourd'hui, dit le
Moniteur de la Flotté, se souvient du rôle considérable qu'elle
a joué autrefois, et elle aspire à le recouvrer. Elle est un des
ports de la Méditerranée, avec Trieste, Gênes et Marseille,
qui doivent profiter le plus à la communication nouvelle; et
comme l'Espagne a des colonies dans les mers de l'Asie, c'est
Barcelone qui seule serait en mesure de correspondre avec
ces colonies et de leur rendre la vie qui leur manque. Les
Philippines sont aujourd'hui presque inabordables pour la
métropole; et si l'on pouvait passer par la mer Rouge au lieu
de doubler le cap de Bonne-Espérance, leur destin serait
changé. La route serait abrégée de plus des 5j8es, c'est-à-
dire que de 14,330 milles marins elle serait réduite à 5,500
tout au plus.
» Les Philippines, situées entre le 5e et le 21e degrés de
latitude nord, comprennent un millier d'iles et d'îlots dont
l'Espagne possède la majeure partie. Elle y compte, d'après
le dernier recensement, 3,728,035 sujets, qui tous ont
l'avantage d'être chrétiens, ce qu'on ne trouve dans aucune
des autres colonies européennes de ces parages. ,
» L'étendue des Philippines espagnoles est considérable,
puisqu'elle est de 8,279 lieues carrées, c'est-à-dire le tiers
de la France à peu près. La métropole n'en tire pas plus de
17 à 18 millions de francs par année, bien que le so y soit
d'une prodigieuse fertilité. Mais le commerce s'accroit depuis
dix ans dans une proportion assez remarquable. Les importa-
tions et les exportations, qui n'étaient, en 1848, que de
40 millions environ , se sont élevées, en 185a et en 1855, à
plus de 56 millions de francs.
» De l'aveu de tous ceux qui connaissent l'état actuel de
cette colonie, il est certain qu'on pourrait y introduire les
plus heureuses réformes et qu'il n'y aurait pas beaucoup à
faire pour doubler ses produits et sa prospérité.
» C'est là l'avenir que pressent Barcelone, et l'on conçoit
dès lors avec quelle sympathie elle a dû recevoir le projet du
canal de Suez, sans préjudice des sentiments personnels
qu'elle a voués, avec tant de raison, à M. Perd. de Lesseps.
Avant que le cap de Bonne-Espérance fût découvert, Bar-
celone était le premier port de l'Espagne sans contredit, et
elle pouvait se rappeler avec orgueil que c'était elle qui avait
fondé le droit maritime international de la Méditerranée.
» Mais après que Vasco de Gama eut doublé le cap des
Tempêtes, Barcelone fut bientôt dépassée par Alicante et
surtout par Cadix. Aujourd'hui le canal de Suez rendrait à
Barcelone son antique supériorité. Ce qui la lui assurerait
d'une manière incontestable, c'est son industrie, pour laquelle
elle n'a pas de rivale dans toute la Péninsule, et elle éclipse-
rait bientôt tous les autres ports espagnols, si les navires
pouvaient transporter facilement dans les mers de l'Asie les
produits de ses manufactures.
» On comprend donc sans peine l'enthousiasme avec lequel
Barcelone a reçu M. Ferd. de Lesseps. Reconnaissance, pa-
triotisme, intérêts maritimes et commerciaux, tout se réunis-
sait pour que cette réception fût tout ce qu'elle a été, et nous
la regardons comme un symptôme heureux et décisif.
,, Une réception analogue attend M. Ferd. de Lesseps à
Marseille, et c'est aujourd'hui même qu'il a dû y arriver. La*
Chambre de commerce lui a offert un banquet au nom de la
ville. » SCHILLER aîné, «
Pour extraits, ERNEST DESPLAGES,
variétés.
MARSEILLE ET SUEZ,
PAR BARTHÉLËMV.
Nous croyons rendre service à la fois à nos lecteurs
et à la poésie en reproduisant les vers magnifiques ré-
cités par M. Barthélémy, le barde provençal, au ban-
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ni les acclamations des peuples, ni les chants inspirés
des grands poëtes.
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